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Figurine du diable (plomb de Seine)

 

Image du diable vers 1340.

Nous l’appelons Satan ou Lucifer, mais surtout le diable mais que connaissons-nous réellement de lui et de sa morphologie autre que les représentations enjolivées faites par les puissants et interprétées par des artistes. Il est généralement représenté sur des tableaux, gravures dans des livres et sculptures, il est omni présent sur les monuments religieux, ce qui fait de toutes autres interprétations le représentant des objets extrêmement rares, surtout en ce début de XVIème siècle avec la réforme protestante qui aboutira au Concile de Trente en 1545 (protestants et catholiques).

Lors des dragages de la Seine, effectués pour les travaux de Paris, au XIXème, commandés par Napoléon III, dirigés par le Baron Haussmann,  sont retrouvés des objets en plombs et recueillis par Arthur Forgeais, entre autre des méreaus, des enseignes et ampoules de pèlerinage ainsi que des figurines de taille diverses, tous considérés comme des ex-votos religieux ou profanes et nommés « plombs de Seine ». Aujourd’hui,  un grand nombre sont au musée de Cluny (musée du moyen-âge), d’autres  dans des collections privées, dont la mienne afin de les étudier, elles feront l’objet d’un essai dans un ensemble réunissant aussi des enseignes, ampoules et autres. Résultat de nombreuses années de recherches, cette figurine est la seule que je connaisse et devrait datée entre 1525-1542.

Mesurant sept centimètres et demi de haut et trois et demi au plus large, son corps porte une queue, qui semble recouverte de poils. Est visible le squelette de ses côtes avec dessous ses attributs de sexe masculin. Il tient un trident et chaque mains portes 4 grandes griffes, par contre, ces pieds semblent en avoir que trois. De petites pattes avec deux griffes sont aussi à la hauteur des genoux. Sa tête est représentée comme mi-homme mi- bête et porte deux cornes.

Il est important d’observer que deux exubérances apparaissent, l’une derrière la tête et l’autre dans le dos ce qui laisse fortement penser qu’il était ailé, cassées de par le séjour prolongé dans la Seine.

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Denier exceptionnel d’Humbert Ier Dauphin de Viennois 1282-1307.

Connu par la publication de la première étude, faite en photos courant 2013, sur les évêques de Grenoble et des Dauphins de Viennois, comtes et en pariage. Publiée aux éditions Aquilex  par l’essayiste Ortiz Denis.

Référencé dans l’étude sous le numéro FMO21 et recensé à 5 exemplaires : 3 en mauvais état, 1 celui du livre en état très moyen et ce dernier dans son état de frappe d’origine avec toute son argenture, ce qui est excessivement rare pour un tel denier de billon de plus aussi important.

Cette monnaie tient un rôle non négligeable dans l’histoire des origines comtales du Dauphiné ; voire un des plus importants car elle est la première et la seule monnaie indiquant la mention d’un nom, celui d’Humbert seigneur de La Tour du Pin devenu Dauphin, côté croix écrit en entier « HV/MB/ER/TV » et côté dauphin on retrouve le titre de Dauphin de Viennois « DALHS : VIEN ». Ces mentions en font une exception et la différencie de toutes les autres puisqu’elles ne mentionnent pas le titre de comte d’Albon ou de pariage avec les évêques de Grenoble, qui sont toutes deux les interprétations générales sur ces monnaies.

Son mariage avec  Anne de Bourgogne, sœur du dauphin Jean II qui meurt sans héritier en 1282,  Humbert devient alors Humbert Ier soit le premier Dauphin de la troisième famille et dernière en possession du Dauphiné. Immédiatement des conflits naissent avec le Duc de Bourgogne qui revendique ces droits sur le Dauphiné et  avec le comte de Savoie Philippe Ier qui revendique, quant à lui, ses droits sur le comté du Bugey et de la Bresse (obtenu par son mariage avec Sybille de Baugé en 1272).

Toutefois Humbert appartenait à une grande et puissante famille, celle de La Tour du Pin détentrice de grandes possessions territoriales. Son mariage avec Anne de Bourgogne, fait basculer le Dauphiné dans la cours des grands. Mais Humbert dû toutefois apaiser la situation, cédant au Duc de Bourgogne, avec qui il a des liens familiaux, les terres de Revermont et de Soligny. Quant au nouveau comte de Savoie, Amédée V en 1285, il revendique les terres complètes de son oncle Philippe Ier décédé provoquant des querelles qui prennent une tournure de conflits récurrents jusqu’à la vente du Dauphiné. En effet,  le Dauphiné sera vendu par Humbert II petit-fils d’Humbert Ier au roi de France Philippe VI en août 1343 pour son fils ainé qui prendra le titre de Dauphin au 30 mars 1349 (acte appelé le Transport). Cette monnaie est un signe fort d’Humbert Ier qui montre à présent l’importance du Dauphiné. Les  monnaies Dauphinoises étaient jusqu’à présent anonymes et par cet acte le Dauphiné se détache aussi en partie de l’empire à qui elle appartient. Et Il ne faut pas oublier que le titre de Dauphin de France prend son origine dans le Dauphiné.

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Reste d’un livre du moyen-âge calciné en 1870 à Strasbourg.

Très rare et fort intéressant morceau d’histoire que ce reste de livre du moyen-âge, calciné, provenant de la bibliothèque placée au cœur de l’ancienne église dominicaine qui était partagée avec le culte protestant. Elle possédait, entassés, des livres et documents anciens très rares et reconnus dans toute l’Europe, il n’en resta que très peu de traces voire que des cendres.

Tout commence le 12 août 1870 ; les troupes prussiennes, commandées par le général allemand Von Werder, commencent le siège de la ville de Strasbourg, peu protégée. Dans la nuit du 24 au 25 août, à neuf heures du soir, débute un bombardement intense sur la ville (date aussi de l’anniversaire du massacre de la Saint-Barthélemy), détruisant les deux bibliothèques, la municipale et celle de l’église. Le paradoxe de la destruction de ces bibliothèques est que leurs fonds historiques conservaient évidemment un héritage allemand beaucoup plus important que celui des français !

Notre exemplaire est peut-être lié à celui de la collection d’André Malraux ? Récupéré dans les décombres de l’église par une ancienne famille intellectuelle et bourgeoise de Strasbourg qui l’a conservé.

Très beau souvenir de ces restes écrits du livre qui n’ont pas encore été interprétés.